La Dares vient de publier les premiers résultats de sa nouvelle enquête sur l’évolution des conditions de travail et des risques psychosociaux entre 2016 et 2024. Réalisée auprès de plus de 25 000 salariés, elle met en évidence une amélioration globale de plusieurs indicateurs. Mais derrière cette tendance encourageante se cachent des réalités très contrastées […]
La Dares vient de publier les premiers résultats de sa nouvelle enquête sur l’évolution des conditions de travail et des risques psychosociaux entre 2016 et 2024. Réalisée auprès de plus de 25 000 salariés, elle met en évidence une amélioration globale de plusieurs indicateurs. Mais derrière cette tendance encourageante se cachent des réalités très contrastées selon les catégories professionnelles.
Pour la première fois, l’intensité du travail diminue
C’est l’un des enseignements majeurs de l’étude. Pour la première fois depuis que cet indicateur est mesuré, dans les années 1980, l’intensité du travail recule. En 2024, 38 % des salariés déclarent être soumis à au moins trois contraintes de rythme, contre 43 % en 2016.
La pression temporelle diminue également : 28 % des salariés déclarent travailler sous pression, soit trois points de moins qu’en 2016. Les relations avec la hiérarchie semblent elles aussi s’améliorer : 21 % des salariés font état de relations dégradées avec leurs supérieurs, une proportion en baisse de cinq points.
Autre signal positif : le sentiment de pouvoir réaliser un travail de qualité progresse. 82 % des salariés déclarent éprouver souvent ou toujours la fierté du travail bien fait, soit dix points de plus qu’en 2016. Les exigences émotionnelles sont également moins fortes et les relations de travail, globalement, mieux perçues.
Des contraintes physiques toujours très présentes
Cette amélioration ne doit toutefois pas masquer la persistance de certaines difficultés. Les contraintes physiques restent pratiquement stables : près de quatre salariés sur dix sont encore exposés à au moins trois contraintes physiques dans leur activité professionnelle.
Surtout, toutes les catégories de salariés ne bénéficient pas des évolutions observées. La situation se dégrade notamment pour les employés peu qualifiés. Parmi eux, 61 % sont exposés à des contraintes physiques, soit sept points de plus qu’en 2016. Leur travail s’intensifie, leur autonomie recule et les comportements hostiles progressent.
Un autre chiffre interpelle : 41 % des salariés déclarent ne pas se sentir capables de faire le même travail jusqu’à la retraite, soit trois points de plus qu’en 2016.
Un paradoxe apparent qui rappelle que l’amélioration de certains indicateurs ne suffit pas à rendre le travail durablement soutenable.
Améliorer les conditions de travail : un enjeu humain et de performance
Ces résultats montrent toute l’importance d’une approche QVCT qui ne se limite pas au bien-être au travail, mais agit directement sur le travail réel : son organisation, la charge, l’autonomie, les relations professionnelles, les moyens disponibles et la prévention des risques.
Améliorer les conditions de travail, c’est préserver la santé des salariés, prévenir l’usure professionnelle et les risques psychosociaux, mais aussi favoriser l’engagement, la fidélisation et la performance durable de l’organisation.
Parce que la QVCT ne consiste pas seulement à mieux vivre au travail : elle consiste avant tout à créer les conditions pour pouvoir bien faire son travail, aujourd’hui et dans la durée.
Source : Dares – Enquête Conditions de travail 2024-2025.
Qu’est-ce qui a changé dans les conditions de travail depuis 2016 ?
Selon la Dares, plusieurs indicateurs s’améliorent, notamment l’intensité du travail, la pression temporelle et certaines relations professionnelles. Les situations restent toutefois très différentes selon les métiers et les catégories de salariés.
Les risques psychosociaux sont-ils en recul ?
Certains facteurs de risques psychosociaux diminuent, mais les difficultés n’ont pas disparu. Charge de travail, manque d’autonomie, relations professionnelles ou exigences émotionnelles restent des points de vigilance essentiels.
Pourquoi améliorer les conditions de travail est-il un enjeu de performance ?
De bonnes conditions de travail favorisent la santé des salariés, leur engagement et leur capacité à bien réaliser leur activité. Elles peuvent également contribuer à prévenir l’absentéisme, l’usure professionnelle et le turnover.
Comment une démarche QVCT peut-elle améliorer concrètement les conditions de travail ?
Une démarche QVCT permet d’identifier les difficultés rencontrées dans le travail réel et d’agir sur leurs causes : organisation, charge, autonomie, management, coopération, moyens disponibles ou encore prévention des risques professionnels
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